Disons alors que John Mayall en fut le grand frère et l'éducateur.





John Mayall et les Bluesbreakers au Cooks Ferry Inn d'Edmonton, le 1er avril 1968.
"Oh Pretty Woman" (enregistré ce jour là sur miniK7 d'époque).





Nous étions quelques uns à avoir quitté l'école de bonne heure, mais pas dépourvus pour autant de curiosité artistique ou littéraire. Certaines de nos découvertes, nous les dûmes à des artistes de rock. En nous précipitant sur le premier livre de John Lennon, In his own write (En flagrant délire dans la traduction française de Christiane de Rochefort et Rachel Mizrahi), nous sommes tombés, dans la préface je crois, sur une allusion à l'oeuvre de Boris Vian. En ce qui me concerne ce nom me renvoyait à la chanson Le déserteur que le trio Peter, Paul and Mary avait enregistré, mais pour le reste ce bonhomme me paraissait a priori à peu près aussi rock'n'roll que Juliette Gréco ou Mouloudji qui n'étaient pas à l'époque ma cup of tea. La lecture de l'Ecume des jours fut un vrai bouleversement pour notre petite bande, suivie de celle de l'Automne à Pékin et de Vercoquin et le plancton. Sans nous vanter je crois que le bouche à oreille que nous déclenchâmes autour de ces bouquins ne fut pas étranger au brusque engouement qui se déclencha peu après et qui conduisit dare-dare à la réédition de la plupart de ses romans et recueils poétiques.

Durant l'été 67 Alain et quelques autres copains étaient allés roder autour de la maison de John Lennon. Profitant de l'ouverture du portail au passage d'une camionnette de livraison ils ont pénétré dans le jardin où ils sont tombés sur mister John himself qui, visiblement peu troublé par cette intrusion, a accepté de poser pour la postérité en compagnie de nos compères. Depuis cet épisode Alain, au moindre prétexte, extirpait « la » photo de son portefeuille: « Moi, môssieur, je pose avec Lennon! ». (Si quelqu'un de la bande possède encore un exemplaire de l'icône, je suis preneur!)